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Avengers Infinity War : Comment démêler le film de la BD ?

Le film « Avengers : Infinity War »,  ayant envahi le grand écran en 2018, est une adaption du lore dans les bandes-dessinées Marvel. Cependant, même si l’essence de l’histoire reste intact, il existe des différences notables entre ces deux itérations de la saga du gant de l’infini.

Notamment, contrairement à ce que le titre du film suggère, « Avengers : Infinity War » n’est pas une adaptation directe de la bande dessinée du même nom, « The Infinity War » de 1992 de Jim Starlin. Il puise plutôt largement dans l’œuvre précédente de Starlin, la série « Infinity Gauntlet » (1991), optant pour « Infinity War » pour maximiser son attrait au box-office.

Dans cet article, nous allons examiner de plus près les cinq principaux écarts les plus marquants qui distinguent le film de ses prédécesseurs papier.

1- Le rôle élargi de Gamora : de la bande dessinée à l’écran

Dans l’univers cinématographique des Avengers, le parcours de Gamora se distingue notablement de son matériel source dans les bandes dessinées. L’interprétation captivante de Zoe Saldana élargit considérablement le rôle de ce personnage emblématique, offrant aux fans une perspective unique qui diverge des pages imprimées des comics.

Dans les bandes dessinées, en particulier dans la série « Infinity Gauntlet » (1991), Gamora joue un rôle essentiel en tant que membre des Gardiens de la Galaxie et l’une des forces alliées contre Thanos. Son implication dans la confrontation avec le Titan Fou et son importance dans la dynamique de l’équipe sont bien établies. Cependant, l’adaptation cinématographique, à commencer par « Guardians of the Galaxy » (2014), a apporté des ajustements significatifs à l’histoire de Gamora.

L’un des aspects les plus marquants de cette différence réside dans la manière dont le film aborde la relation complexe entre Gamora et Thanos, son père adoptif. Alors que les bandes dessinées explorent également cette dynamique, le MCU approfondit davantage les nuances émotionnelles de cette connexion, offrant aux spectateurs une immersion plus profonde dans l’histoire personnelle de Gamora.

Révélateur de ces différences, la storyline de « Infinity War » dans les comics et dans le film diverge dans la présentation des choix cruciaux de Gamora. Les références spécifiques incluent « Infinity Gauntlet » #4 et #5, où Gamora est fortement impliquée dans l’histoire, mais les nuances de son cheminement diffèrent de manière significative dans le film.

Le choix d’explorer ces différences permet au MCU de créer une expérience cinématographique unique, adaptant les éléments clés des bandes dessinées tout en apportant des ajustements narratifs pour susciter de l’émotion et surprendre le public. L’interprétation de Zoe Saldana offre une profondeur et une complexité supplémentaires au personnage de Gamora, enrichissant ainsi l’univers cinématographique Marvel d’une manière qui résonne avec les fans, qu’ils soient familiers ou non avec les comics d’origine.

2- Le conte du héraut : Hulk contre Silver Surfer

Dans les pages des bandes dessinées, l’inéluctable menace que représente Thanos est initialement annoncée de manière saisissante par Silver Surfer. Cependant, lorsque vient le moment d’adapter cette intrigue à l’écran dans le film « Avengers: Infinity War », un changement significatif est opéré. Au lieu de faire appel au Surfer d’Argent, les créateurs du film ont réimaginé ce moment crucial en mettant en avant Hulk.

Dans la bande dessinée originale, Silver Surfer joue un rôle essentiel dans la transmission de l’urgence de la menace posée par Thanos. Un exemple notable de cette narration se trouve dans l’épisode #105 de « Silver Surfer » sorti en 1995, où le personnage de Surfer d’Argent discute des implications de l’ascension de Thanos.

Cependant, cette scène spécifique n’est pas directement adaptée dans le film « Avengers: Infinity War ». Au lieu de cela, les réalisateurs ont choisi de donner à Hulk un moment mémorable dans les premières séquences du film pour signifier le danger imminent représenté par Thanos.

Ce changement artistique et narratif, tout en altérant le déroulement précis de l’histoire, n’est pas rare dans les adaptations cinématographiques de bandes dessinées. Il permet aux cinéastes de mettre en avant des personnages populaires du grand écran tout en restant fidèles à l’essence des récits originaux.

Ainsi, même si les amateurs de comics peuvent ressentir le poids de cette modification, elle s’inscrit dans la démarche créative de la traduction des récits iconiques des bandes dessinées à l’écran, offrant une expérience cinématographique nouvelle tout en honorant les éléments clés du matériau source.

3- Alliés absents : pas d’Adam Warlock

Dans l’univers des bandes dessinées, le personnage central de l’arc « Infinity Gauntlet », Adam Warlock, joue un rôle crucial dans la confrontation épique avec Thanos. Cependant, dans le film « Avengers: Infinity War », les cinéastes ont fait un choix notable en omettant la présence d’Adam Warlock, laissant les fans se demander pourquoi ce personnage clé est absent de cette adaptation cinématographique.

Dans les pages de « Infinity Gauntlet » (1991), notamment dans les numéros #3 à #6, Adam Warlock émerge comme une figure essentielle dans la lutte contre Thanos. Son lien avec la gemme de l’âme et son leadership dans la résistance contre le Titan Fou en font un personnage incontournable de l’histoire. C’est également dans ces numéros que l’on peut explorer la dynamique complexe entre Adam Warlock et Thanos.

Cependant, dans « Avengers: Infinity War », Adam Warlock est notablement absent, et le MCU a choisi de le présenter dans un contexte différent. Les réalisateurs ont annoncé que le personnage ferait finalement son apparition dans le film « Guardians of the Galaxy Vol. 3 ». Cette décision de différer l’introduction d’Adam Warlock offre aux cinéastes la possibilité de développer le personnage de manière distincte par rapport à son itération dans les bandes dessinées.

L’absence d’Adam Warlock dans « Avengers: Infinity War » souligne la nature dynamique de l’adaptation cinématographique des bandes dessinées. Les choix créatifs permettent d’explorer de nouvelles perspectives narratives tout en maintenant l’élément de surprise pour les fans des deux médias. Cela témoigne de la flexibilité artistique et narrative nécessaire lorsqu’on traduit des histoires emblématiques des pages des comics à l’écran, créant ainsi une expérience cinématographique distincte tout en honorant l’héritage des bandes dessinées.

4-Le puissant Stormbreaker : l’héritage de Beta Ray Bill

Dans le film « Avengers: Infinity War », l’arme emblématique de Thor, Stormbreaker, se démarque par une origine nouvelle et distinctive par rapport à celle présentée dans les bandes dessinées, où elle est associée à Beta Ray Bill. Cette adaptation cinématographique de Stormbreaker offre un moment saisissant alors que Thor l’emploie avec détermination contre les forces redoutables de Thanos.

Dans les bandes dessinées, Beta Ray Bill est un personnage extraterrestre noble et puissant qui parvient à lever et à utiliser le marteau de Thor, Mjölnir. Son lien avec l’arme, symbolisé par sa propre version de Stormbreaker, est un élément significatif de son arc narratif. Cependant, dans le film, le scénario prend une direction différente pour introduire Stormbreaker.

L’adaptation cinématographique présente une nouvelle forge et une nouvelle histoire entourant la création de Stormbreaker. Pour comprendre ces différences, on peut se référer aux bandes dessinées telles que « Thor » #337-339 (1983) pour explorer les origines de Beta Ray Bill et son lien avec Mjölnir. Comparativement, le film utilise une approche narrative qui diverge, tout en conservant l’essence de l’arme en tant qu’outil puissant lié à Thor.

Le choix de redéfinir l’origine de Stormbreaker dans le MCU donne aux cinéastes la liberté de créer des moments visuels mémorables, comme celui où Thor utilise la hache contre Thanos. Cette modification ne dilue pas l’impact de l’arme, mais au contraire, elle offre aux fans une expérience nouvelle et surprenante, tout en honorant les éléments emblématiques des bandes dessinées.

Ainsi, l’histoire de Stormbreaker dans le film se distingue de celle des bandes dessinées, mais elle s’inscrit néanmoins dans la tradition cinématographique d’adapter et de réinterpréter des éléments clés pour offrir une expérience captivante aux spectateurs.

5-Le claquement de doigts : le moment opportun avec un impact

Ici, la différence avec les comics est flagrante, voici le comparatif.

Bande Dessinée (« Infinity Gauntlet »): Dans la saga « Infinity Gauntlet » (1991), le claquement de doigts de Thanos survient dès le début, établissant ainsi la direction de l’arc narratif. L’auteur de cette série est Jim Starlin.

Film (« Avengers: Infinity War »): Contrairement à la bande dessinée, le film « Avengers: Infinity War » utilise le moment du claquement de doigts comme une finale dramatique. Cette divergence narrative crée une tension accrue et assure un point culminant mémorable pour le public. Cette adaptation cinématographique est réalisée pour amplifier l’impact émotionnel et la surprise, ce qui diffère de l’approche de la bande dessinée.

De plus, le film éloigne les motivations de Thanos de son désir de courtiser l’incarnation de la Mort dans les bandes dessinées. Au lieu de cela, il présente un Thanos poussé par un sens tordu de la miséricorde et de la rareté des ressources.

En résumé, bien que « Avengers : Infinity War » s’écarte de son matériel source de bande dessinée à plusieurs égards, il capture l’esprit de l’univers Marvel en offrant une expérience cinématographique accessible et palpitante qui rend hommage au scénario original.

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